Primo-accédant 2026 : conditions complètes de l'exonération DMTO
— En bref
L'exonération primo-accédant prévue par l'article 116 de la LdF 2025 permet aux primo-accédants acquérant leur résidence principale de rester à DMTO 4,50 % au lieu de 5,00 %. Elle s'applique sans condition de ressources ni plafond de prix (contrairement à une fausse rumeur). En contrepartie : engagement de résidence principale 5 ans (décret 2025-946 du 8.9.2025). Pour les couples en communauté légale, les deux conjoints doivent être primo-accédants.
Définition légale du primo-accédant
L'exonération du DMTO majoré est créée par l'article 1594 F septies du Code général des impôts (issu de l'art. 116 LdF 2025), qui renvoie à l'article L.31-10-3 du Code de la construction et de l'habitation pour la définition du primo-accédant. Est primo-accédant la personne qui :
- N'a pas été propriétaire de sa résidence principale au cours des 24 mois précédant l'offre de prêt ou l'acte d'acquisition (selon le contexte légal applicable)
- Achète à titre principal pour usage de résidence principale (et non investissement locatif ou résidence secondaire)
- Acquiert en pleine propriété — usufruit seul ou nue-propriété seule sont exclus
- Est une personne physique — les sociétés (SCI, SARL familiale, etc.) sont exclues du dispositif
Cette définition n'a pas changé avec la LdF 2025 — elle existait depuis longtemps pour des dispositifs comme le Prêt à Taux Zéro (PTZ). La nouveauté 2025 est son extension au champ de l'exonération DMTO majoré.
Sans plafond de prix : démolition d'une rumeur tenace
Une fausse information circule depuis octobre 2025 dans la presse spécialisée et sur les forums : l'exonération primo-accédant serait limitée aux acquisitions inférieures à 300 000 €. Cette affirmation est inexacte.
L'article 116 de la LdF 2025 stipule explicitement que la mesure s'applique « sans condition de ressources » (termes du sous-amendement adopté). Le Sénat a confirmé ce principe dans le débat parlementaire du 18 décembre 2024 (compte rendu intégral, intervention du Ministre Saint-Martin).
Aucun seuil de prix ne figure :
- dans l'article 116 lui-même de la LdF 2025
- dans l'article 1594 F septies du CGI (article opératoire de l'exonération)
- dans l'article L.31-10-3 du CCH (définition du primo-accédant)
- dans le décret n° 2025-946 du 8 septembre 2025
- dans la note de service DGFiP du 28 mars 2025
Origine probable de la rumeur : un article du Particulier (octobre 2025) et plusieurs blogs ont confondu le seuil de 300 000 € avec un dispositif différent (le PTZ, qui lui a un plafond de ressources mais pas de plafond de prix non plus). Plusieurs articles ont été depuis corrigés mais la rumeur persiste sur les réseaux sociaux et certains forums.
Conséquence pratique : un primo-accédant peut acheter un bien à 500 000 €, 800 000 €, ou plus, et bénéficier de l'exonération à condition d'y faire sa résidence principale 5 ans minimum.
L'économie réelle : combien ça représente concrètement ?
La majoration DMTO porte sur 0,50 % du prix d'acquisition (taux départemental 4,50 % → 5,00 %). L'exonération ramène à 4,50 %. Calcul direct de l'économie :
- Bien à 200 000 € : économie ~1 000 €
- Bien à 300 000 € : économie ~1 500 €
- Bien à 400 000 € : économie ~2 000 €
- Bien à 600 000 € : économie ~3 000 €
- Bien à 1 000 000 € : économie ~5 000 €
Ce n'est pas négligeable, mais ce n'est pas le jackpot non plus. L'exonération vise à « préserver le pouvoir d'achat des primo-accédants » au sens du sous-amendement — pas à remplacer le PTZ ou le bonus primo-accédant.
Cas spécifique Indre (36) et Mayotte (976) : ces deux départements n'ont pas adopté la majoration — tous les acquéreurs sont à 3,80 %. L'exonération primo-accédant ne change donc rien pour ces territoires. Le taux DMTO départemental reste 3,80 %.
L'engagement de résidence principale 5 ans
En contrepartie de l'exonération, le décret n° 2025-946 du 8 septembre 2025 (pris pour l'application de l'art. 1594 F septies CGI) impose un engagement précis :
- Occupation comme résidence principale dans l'année suivant l'acquisition (ou la déclaration d'achèvement de travaux pour un bien neuf)
- Maintien comme résidence principale 5 ans minimum à compter de cette occupation
En cas de manquement (vente, mise en location, départ de la résidence principale dans les 5 ans), l'acquéreur doit régulariser le DMTO majoré auprès du Service de la Publicité Foncière. La différence (0,50 % du prix) est exigible avec intérêts de retard.
Cas de dispense prévus par le décret 2025-946 (l'engagement n'est pas brisé, pas de régularisation) :
- Mutation professionnelle contraignant à changer de région (justificatif employeur)
- Décès de l'acquéreur (la succession n'est pas considérée comme rupture)
- Divorce ou rupture de PACS si la résidence principale est attribuée à l'ex-conjoint qui continue l'engagement
- Hospitalisation longue ou placement en EHPAD de l'acquéreur (justificatif médical)
- Naissance nécessitant un changement de logement pour cause de surface insuffisante (sous conditions)
- Acquisition de retraite avec changement de région (durée portée à 6 ans dans ce cas)
Hors ces cas, la rupture d'engagement déclenche régularisation. Le contrôle est effectué par l'administration fiscale via le croisement des données d'adresse fiscale (taxe d'habitation, déclaration de revenus).
Couples : régime matrimonial décisif
La réponse ministérielle Berger n° 5129 (Journal Officiel de l'Assemblée nationale du 16 septembre 2025) a précisé l'appréciation de l'exonération selon le statut du couple :
- Mariage en communauté légale ou communauté universelle : les DEUX conjoints doivent être primo-accédants pour bénéficier de l'exonération. Si un seul l'est, le bien acquis en commun est soumis à la majoration sur sa totalité (5,00 %).
- Mariage en séparation de biens : la qualité de primo-accédant s'apprécie individuellement par conjoint sur sa quote-part. Si seul l'un est primo-accédant, lui seul bénéficie de l'exonération sur sa part. La quote-part de l'autre conjoint reste majorée.
- PACS ou concubinage : même règle que la séparation de biens — appréciation individuelle par indivisaire.
- Acquisition par un seul époux sur fonds propres (remploi) : si l'époux acquéreur déclare expressément dans l'acte que le bien est acquis sur ses fonds propres (subrogation, remploi d'un bien propre), l'exonération s'apprécie uniquement pour l'acquéreur, indépendamment du conjoint.
Stratégie d'optimisation : si vous êtes seul primo-accédant et votre conjoint déjà propriétaire, envisager soit (1) un mariage en séparation de biens préalable, soit (2) un achat sur fonds propres avec déclaration explicite dans l'acte. Économie typique 1 500-5 000 € selon le prix du bien.
Comment déclarer son statut primo-accédant ?
La déclaration se fait dans l'acte authentique chez le notaire, sur la base d'une attestation sur l'honneur remise par l'acquéreur. Le notaire peut demander des justificatifs :
- Avis d'imposition des 2 dernières années (vérifie l'absence de propriété principale)
- Attestation employeur ou justificatif de domicile (vérifie la résidence)
- Engagement écrit dans l'acte de résidence principale 5 ans
En cas de fausse déclaration constatée par l'administration fiscale, les sanctions sont sévères :
- Régularisation du DMTO majoré + intérêts de retard
- Majoration de 40 % pour manquement délibéré (art. 1729 CGI)
- Possibilité de poursuites pénales pour fraude fiscale (art. 1741 CGI) si la fausse déclaration est intentionnelle et organisée
En pratique, l'administration vérifie le respect de l'engagement par recoupement des données fiscales (taxe d'habitation, déclaration de revenus, changements d'adresse).
— Sources officielles
- Loi n° 2025-127 du 14 février 2025, art. 116
- Code général des impôts, art. 1594 F septies (article opératoire de l'exonération DMTO primo-accédant — créé par LdF 2025 art. 116)
- Code de la construction et de l'habitation, art. L.31-10-3 (définition du primo-accédant — référence par CGI 1594 F septies)
- Décret n° 2025-946 du 8 septembre 2025 — engagement 5 ansJORF du 10 septembre 2025 — recherche par mots-clés
- Réponse ministérielle Berger n° 5129, JOAN 16 septembre 2025
- Compte rendu intégral du débat Sénat, 18 décembre 2024
- Note DGFiP du 28 mars 2025 sur l'application de l'art. 116
Questions fréquentes
Y a-t-il un plafond de prix de 300 000 € pour bénéficier de l'exonération ?
Non. Cette information est FAUSSE. L'art. 116 de la LdF 2025 s'applique « sans condition de ressources » et ne fixe aucun plafond de prix. La rumeur provient d'une confusion avec d'autres dispositifs (PTZ notamment). Vérifié auprès de la DGFiP (note du 28 mars 2025) et du Sénat (compte rendu du 18 décembre 2024).
Je suis primo mais mon conjoint a déjà été propriétaire — comment faire ?
Si vous êtes mariés en communauté, l'exonération ne s'applique pas (les deux doivent être primo). Si vous êtes en séparation de biens, PACS ou concubinage, votre quote-part bénéficie de l'exonération. Solution : (1) changer de régime matrimonial avant l'achat, (2) acheter en séparation de biens immobilière (très rare en pratique), ou (3) acheter seul sur fonds propres avec mention explicite de remploi dans l'acte.
L'engagement 5 ans s'applique-t-il aux résidences secondaires ?
Non. L'exonération primo-accédant est strictement réservée à la résidence principale (cf. CCH L.31-10-3). Pour une résidence secondaire ou un investissement locatif, vous payez le DMTO majoré standard (5,00 % dans 83 départements en 2026).
Mutation professionnelle dans les 3 ans : je perds l'exonération ?
Non. La mutation professionnelle contraignant à changer de région est l'un des cas de dispense expressément prévus par le décret 2025-946 du 8 septembre 2025. Sous réserve de justificatif employeur, l'engagement n'est pas considéré comme rompu, vous conservez l'exonération sans régularisation.
Le bonus primo-accédant et le PTZ sont-ils cumulables ?
Oui — ces dispositifs sont indépendants. L'exonération DMTO LdF 2025 (économie ~1 500-5 000 €) se cumule avec le PTZ (prêt à 0 % couvrant 20-40 % du prix), avec MaPrimeRénov' si vous achetez pour rénover, et avec d'autres aides locales (Bonus communal, Action Logement, etc.). Le total des aides peut représenter 10-30 % du coût d'acquisition pour un primo-accédant éligible.
Le neuf bénéficie-t-il aussi de l'exonération primo ?
Oui, mais l'enjeu est marginal. Dans le neuf (VEFA), la taxe départementale de publicité foncière est déjà à 0,715 % (art. 1594 F quinquies CGI, parce que la TVA 20 % grève la vente du promoteur), et les frais de notaire total sont autour de 2-3 % — sans rapport avec la majoration 5,00 % qui ne s'applique qu'à l'ancien. L'exonération primo-accédant produit donc surtout des gains dans l'ancien (~€1 500 pour un bien à 300 000 €).
L'administration peut-elle vérifier mon statut primo a posteriori ?
Oui. L'administration fiscale dispose de 3 ans (art. L.180 LPF) pour réclamer le DMTO majoré si elle constate un manquement à l'engagement. Le contrôle se fait par recoupement automatisé : adresse de la taxe d'habitation, déclaration de revenus, changements d'adresse fiscale. Évitez toute fausse déclaration — les sanctions vont jusqu'à 40 % de majoration (art. 1729 CGI) et, en cas de fraude organisée, peuvent inclure des poursuites pénales.
Frais notaire calculés selon votre statut primo
Notre Rapport Acheteur calcule les frais réels selon votre statut primo-accédant (sélection ?primo=1 dans le checkout). Économie réelle 1 500 € minimum sur un bien à 300 000 €.
Voir le rapportArticle rédigé par l'équipe QuartierScore (Wooch OÜ, Estonie). Information à valeur informative — ne constitue ni un conseil juridique, ni un conseil fiscal, ni un conseil en investissement au sens du Code monétaire et financier. Pour une décision juridique ou financière engageante, consultez un notaire, un avocat ou un conseiller en gestion de patrimoine agréé CIF.